HOMMAGES
REGARDS
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Voici donc un peintre bien isolé sur la scène artistique, un peintre pourtant dont le travail est de ceux qui, en silence, connaît plus de répercussions qu'il n'y paraît, qui exerce une sorte de secrète influence. Sa position radicale et excessive y est sans doute pour beaucoup, alors que d'autres transigent avec l'époque. L'isolement de Dunoyer n'est pas une stratégie, mais la conséquence obligée de ses positions. (...) Sans dissimuler on ne sait quel sens caché, sans allusion ou parodie, il prend le risque d'un tableau au premier degré. Tel est le paradoxe : un projet si clair et tranché fait exception dans l'époque et mérite que l'on s'y arrête.
Alfred Pacquement 1991 |
Jaune de Mars
2025, acrylique sur toile, 170 ✕ 150 cm |
Un paradoxe qui vient s’ajouter à une série d’autres paradoxes : l’œuvre est en effet minimaliste et baroque, conceptuelle et décorative, répétitive et clairement évolutive, irritante et cependant séduisante jusqu’à produire, après un temps d’incubation, une sensation quasi matissienne. Il s’agit aussi d’une peinture où les extrêmes sont condensés dans des tableaux qui, malgré les similitudes de formes et de couleurs, sont autant de mondes distinctes. Fabrice Hergott, 2023 |
Bleu dit Atlas
2004, acrylique sur toile, 130 x 160 cm
2004, acrylique sur toile, 130 x 160 cm
What is fascinating is his consistency and dedication to a single line of thought. Sometimes it is artists like these that go under the radar and that is why we, as art enthusiasts, owe it to institutions like this one <JPNF> to enlighten us.
Ce qui est fascinant, c'est la cohérence de son attachement à une seule et même ligne de pensée. Parfois, ce sont des artistes de cette trempe qui passent inaperçus et c'est pourquoi, en tant que passionnés d'art, nous sommes redevables à des institutions comme celle-ci <JPNF> de nous les faire découvrir.
Anna Seaman 2017
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Après cette génération de peintres <Rothko, Newman, Reinhardt>, l'abstraction, à peu d'exceptions près, a identifié́ la peinture à la forme <...> Or la direction prise par Pierre Dunoyer est bien différente puisqu'il maintient la séparation entre le 'tableau' et le 'peint', chacun gardant sa propre identité́.
Ea Carmean, 1991 La quête de Dunoyer porte sur le surgissement immédiat du tableau comme objet. Un objet de pensée et non plus de contemplation, radicalement distinct de l'ordre des choses. Yves Renan 1991 |
Bleu
2011, acrylique sur toile, 150 x 130 cm |
Le tableau est pur objet, parce qu'il est simple jeté-devant (objicere) sans renvoi et sans ustensilité.
La peinture représente quelque chose, indique un sens, une direction hors d'elle-même. Elle oublie toujours la présence insistante du tableau. Image, cadre ou fenêtre, la peinture n'est jamais tableau. (...) A l'inverse, le tout figural, sur le plan du tableau, enjoint de le comprendre comme un pur ob-jet. Le tableau est un lieu, et non une image. Mathieu Kessler, 1999 |
Jaune
2009, acrylique sur toile, 150 x 130 cm
2009, acrylique sur toile, 150 x 130 cm
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Ces tableaux ne sont faits que de ‘dernières couches’. Toutes leurs couches sont des dernières touches, aspirées l’une par l’autre et qui ne cessent de faire avancer le plan vers le spectateur. Dunoyer l’exprime vigoureusement : la matière, la surface ‘ne se montrent plus qu’en un énorme 'devant’.
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Les traces dans les tableaux de Dunoyer, parfois espacées, parfois regroupées, parfois de configurations proches mais toujours différentes, sont à la limite du signe ; il arrive qu’on soit au bord de leur attribuer une signification, mais quelque chose toutefois nous retient : un hiatus précisément. En effet le tableau se réalise dans l’écart même qu’elles produisent entre elles, entre elles et le ‘monochrome’ entre elles et le geste.
Catherine Millet, 1996 |
Blanc
2005, acrylique sur toile, 240 x 190 cm
2005, acrylique sur toile, 240 x 190 cm
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Les négations s’accumulent pour que seul existe et subsiste le tableau : ni déconstruction, ni subjectivité, ni expressionnisme, ni histoire, ni chromatisme, ni matérialisme, ni représentation. Le tableau est nu de toute référence, de toute connotation, de toute implication. Dit de cette manière apophatique, le tableau n'est que lui-même, un mode d'être au monde. Il est pur apparaître (…) J'entends par là ces miracles d'apparition picturale où sont suspendus, mis entre parenthèses (l’épochè des philosophes), signification, référence, expressivité, histoire, sujet, portée symbolique, qualité chromatique, genre, pour ne plus laisser que le pur apparaître.
Yves Michaud, 2025 |
Gris
2024, acrylique sur toile, 170 x 150 cm |
"C’est elle, cette grâce, qui permet au peintre la maîtrise de l’écriture de la forme, laquelle accède de ce fait tant à l’autonomie de sa présence qu’à son harmonieuse inscription dans la composition générale du tableau, dans une économie telle que rien, aucun procédé, n’en dévoile l’exigeante structuration."
Didier Schulmann, 2009 |
Blanc
2017, acrylique sur toile, 170 x 150 cm
2017, acrylique sur toile, 170 x 150 cm
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